Dans une Allemagne en ruines, une femme s'apprête à commettre un acte incompréhensible pour beaucoup de personnes. Sur le quai d'une gare, elle abandonne son petit garçon de sept ans.
Vingt-cinq ans plus tôt, à Bautzen, près de la frontière polonaise, Helene et Martha voient revenir leur père de la Grande Guerre. Ce n'est plus le même homme. Leur mère est elle confrontée à d'autres tourments, ceux de la folie. Après le décès de leur père et l'aggravation de l'état de leur mère, le rêve des deux jeunes filles est la ville de Berlin. A leur arrivée, elles sont entraînées dans le tourbillon des Années folles. A cette période plutôt heureuse, malgré les difficultés économiques, succède une ère plus sombre avec l'accession au pouvoir du parti nazi.
Pour comprendre pourquoi une mère en arrive à laisser son fils dans une gare, il faut suivre l'histoire d'Helene et Martha. Le tourbillon des Années folles est décrit par une écriture dense, presque tourbillonnante. On est emporté dans le cercle des fêtes, des rencontres, des nouvelles expériences. A la fin de cette période, le roman se recentre sur le personnage d'Helene. Le récit se fait plus noir. L'écriture est plus froide au fur et à mesure que la vie d'Helene s'assombrit.
Ce roman raconte une période clé de l'histoire contemporaine allemande et pourtant l'auteur ne cite jamais explicitement la période. Ce sont des petits détails, des allusions ici et là qui indiquent l'avancée de l'Histoire.
J'ai aimé ce roman. J'ai été embarquée dans l'histoire de ces deux soeurs. Le personnage d'Helene suscite de l'empathie alors que celui de Martha est plus distant.
Julia Franck est née en 1970 à Berlin Est. Sa famille passe à l'Ouest en 1978. Elle est l'auteur de plusieurs romans mais "La femme de midi" est le premier traduit en français. Ce roman lui a demandé 4 ans de travail et pour l'écrire, l'auteur a puisé l'inspiration dans son histoire familiale.
J'ai Lu - 2011

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